Souterrain-refuge de Fauroux

(Lugasson)

     

 

Ce souterrain est situé dans la commune de Lugasson, au cœur de l’Entre-deux-Mers, entre la Dordogne et la Garonne. Après des siècles d’abandon, il fut découvert en 1865 par l’artiste-archéologue girondin Léo Drouyn. 40 ans plus tard, en 1905, Jean-Joseph Labrie, abbé de Frontenac et Lugasson et archéologue chevronné, déblaya entièrement le souterrain, le fouilla et l’étudia. Enfin, en 1983, le spéléologue Stéphane Rousseau, spécialiste des souterrains-refuges d’Aquitaine, poursuivit l’œuvre de ses prédécesseurs et en dessina les plans.

 

Il s’agit d’un souterrain artificiel, creusé dans le calcaire par l’homme à l’époque des Gallo-romains. Il était vraisemblablement situé à proximité d’une ferme et les paysans l’utilisaient pour y entreposer et stocker des grains, des céréales (fèves, blé). Lorsque l’Empire romain a été envahi par les peuples non romains (barbares), vers l’an 400, les paysans ont utilisé ce souterrain comme un refuge, pour se protéger des envahisseurs qui menaçaient leur vie. Ils l’ont agrandi et l’ont occupé, avec leurs provisions et leurs animaux, pour échapper au pillage et à une mort certaine. Jusque vers 848 et l’invasion des Vikings, les populations de l’Entre-deux-Mers ont ainsi trouvé refuge dans des cachettes qu’elles seules connaissaient.

 

Ce souterrain a vraisemblablement été abandonné lorsque les premiers châteaux-forts ont été construits et qu’ils sont devenus des lieux de refuge plus importants.

 

Conditions de vie dans ce souterrain :

 

-          Il est creusé près d’une habitation et d’un point d’eau (source), ce qui permet un repli rapide avec la famille, les provisions et les biens en cas de danger.

-          Il est ventilé correctement par des trous de ventilation haute dans le plafond : ainsi, l’air circule correctement et est renouvelé.

-          Il n’y a pas de cheminée : ce n’est pas un habitat mais un refuge provisoire.

-          La température est toujours de 12-13° mais peut monter à 17-19° en cas d’occupation du souterrain par les paysans et le bétail.

-          Pour l’éclairage, il est équipé de petites niches en paroi à hauteur de la tête dans lesquelles on pouvait poser des lampes à huile en terre cuite ou en métal.

-          Le souterrain est assaini par une petite rigole qui amène les eaux dans une fosse placée devant la porte d’entrée.

-          L’entrée du souterrain est protégée par un vrai système défensif complexe :

o   Entrée étroite et basse : accès d’une seule personne à la fois, qui doit se courber pour pénétrer dans le souterrain.

o   Entrée protégée par des trous de visée permettant de lancer des flèches sur les agresseurs qui tentent de pénétrer.

o   Portes très épaisses, renforcées de clous, qui ne peuvent pas être détruites par un « bélier » car il n’y avait pas assez de recul.

 

Schémas des souterrains-refuges  de l’Entre-deux-Mers et plans du souterrain-refuge de Lugasson à différentes époques (Source : Revue Aquitaine Historique n° 15 (mai 1995), p. 4-6, et n° 16 (juin 1995), p. 4-6): cliquer ici

les photos

 

Un grand merci à Monsieur Christian Bouchet, propriétaire du souterrain, qui nous a ouvert les portes de ce magnifique monument.

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